Thierry est boucher. Son arrière grand-père l’était et ses deux mamans aussi, son grand‑père étant mort né, il n’avait pas eu la chance de buter du dindon. Son arrière grand-père, Hermus, zigouillait des biches pour en faire de succulente fesses de biche désossées. Thierry, lui, travaille chez Chanel, une usine de transformation de la viande à Carignan-Est. Passant ses journées à éplucher du poulet, il vomissait quelque fois dans un récipient prévu à cet effet. Il est midi, c’est bien. Ayant mille huit cent secondes à dépensé, il est fébrile. Que ferais‑je de tout ce temps, se de
mande t‑il? Considérant la cigarette, le délai de conception du café par la mystérieuse machine brune et le temps nécessaire, afin d’ingurgiter un plat congelé sandwich moutarde poulet pressé, il lui reste neuf cents secondes à sa libre disposition. Il pourrait consulter la rubrique nécrologique du journal, ou encore s’adonner à la oisive contemplation d’un mur blanc maculé de sang de cochon, mais non. Thierry, pendant ses neuf cents secondes disponibles, s’entraîne à devenir médium. C’est son père, qui n’était pas boucher, qui lui a dit, un jour, un funeste jour, qu’il l’était probablement. Ce jour là, Thierry s’était levé tôt afin d’aller au champignon. En revenant, le corbillon bien rempli, il crut apercevoir une de ses mères se faire battre à coup de jarret dans la basse-cour. Il courut se cacher sous son lit dans sa chambre, sous le balcon. Son père, à la chemise, mystérieusement jusqu’à ce jour, ensanglanté, alla le rejoindre. Thierry lui raconta ce qu’il crut voir se produire et son père rigola en se frottant les mains. Ce dernier lui annonça qu’une de ses mères venait de succomber à la mort et que ce qu’il prenait pour véridique n’était qu’une banale prémonition. Depuis ce jour, Thierry aspire à devenir médium professionnel. Il a déjà aperçut une compétition de médiums à la télé, le gagnant avait la faculté de pouvoir parler à des gens, orphelins et sans relations sociales, dans le coma. Thierry était subjugué. Il était rassuré aussi, se disant que si par malheur il tombait dans le coma, quelqu’un sur cette terre saurait communiquer avec lui. Le temps réel disponible à sa disposition s’étant écoulé, il dut retourner éplucher des poulets. Lorsqu’il se présenta avec sa carte de temps devant l’horodateur, il songea au geste qu’il allait commettre. Le fait d’insérer ce qui le définit pour la compagnie, sa carte de temps vendus, dans l’horodateur, lui fit penser à une analogie sexuelle. Il copulait littéralement avec la compagnie qui daignait l’embaucher. Il lui consacrait du temps pour une quelconque récompense et pour la fuir, il allait l’oublier au pub avec les copains. La plupart du temps elle l’emmerdait et il ne songeait qu’à changer de compagnie.
mande t‑il? Considérant la cigarette, le délai de conception du café par la mystérieuse machine brune et le temps nécessaire, afin d’ingurgiter un plat congelé sandwich moutarde poulet pressé, il lui reste neuf cents secondes à sa libre disposition. Il pourrait consulter la rubrique nécrologique du journal, ou encore s’adonner à la oisive contemplation d’un mur blanc maculé de sang de cochon, mais non. Thierry, pendant ses neuf cents secondes disponibles, s’entraîne à devenir médium. C’est son père, qui n’était pas boucher, qui lui a dit, un jour, un funeste jour, qu’il l’était probablement. Ce jour là, Thierry s’était levé tôt afin d’aller au champignon. En revenant, le corbillon bien rempli, il crut apercevoir une de ses mères se faire battre à coup de jarret dans la basse-cour. Il courut se cacher sous son lit dans sa chambre, sous le balcon. Son père, à la chemise, mystérieusement jusqu’à ce jour, ensanglanté, alla le rejoindre. Thierry lui raconta ce qu’il crut voir se produire et son père rigola en se frottant les mains. Ce dernier lui annonça qu’une de ses mères venait de succomber à la mort et que ce qu’il prenait pour véridique n’était qu’une banale prémonition. Depuis ce jour, Thierry aspire à devenir médium professionnel. Il a déjà aperçut une compétition de médiums à la télé, le gagnant avait la faculté de pouvoir parler à des gens, orphelins et sans relations sociales, dans le coma. Thierry était subjugué. Il était rassuré aussi, se disant que si par malheur il tombait dans le coma, quelqu’un sur cette terre saurait communiquer avec lui. Le temps réel disponible à sa disposition s’étant écoulé, il dut retourner éplucher des poulets. Lorsqu’il se présenta avec sa carte de temps devant l’horodateur, il songea au geste qu’il allait commettre. Le fait d’insérer ce qui le définit pour la compagnie, sa carte de temps vendus, dans l’horodateur, lui fit penser à une analogie sexuelle. Il copulait littéralement avec la compagnie qui daignait l’embaucher. Il lui consacrait du temps pour une quelconque récompense et pour la fuir, il allait l’oublier au pub avec les copains. La plupart du temps elle l’emmerdait et il ne songeait qu’à changer de compagnie.
1 complainte(s):
bien vria, on est tous des putes... sauf le grand singe qui ne punch pas de carte et qui fait assez d'argent avec toutes les pubs de son blog pour pouvoir en vivre
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