mardi 6 mai 2008

Laissez-vous dériver.

La propagande, j’aime bien. Surtout lorsque je pique‑nique près du Saint‑laurent admirant le soleil, les pétroliers et les déchets médicinaux dérivant paisiblement. Oui, lorsqu’un B‑52 largue au‑dessus de ma tête des idées manufacturées et prédigérées, je me sens bien. Au moins, sous cette forme, l’aspect de la diffusion de l’information peut éveiller le sens critique. Mais, une autre forme autrement plus perverse a été élaborée. Plus pernicieuse et plus furtive, j’ai nommé la sensibilisation. Drapé de vertu, tenante haut la main le flambeau du savoir‑vivre collectif et de la rationalité effective, la sensibilisation ferait pâlir de jalousie le malicieux et bon vivant Goebbels. Ne mange pas ceci, c’est mauvais pour le cholestérol. Attention a cela, tes enfants peuvent se blesser. Ne court pas dans le salon après ton frère avec un couteaux en mangeant un Jos Louis, Robert, tu pourrais accrocher et briser la télévision qu’il faudra alors remplacer et par le fait même, créer de la pollution en jetant la vieille télé et de l’exploitation au Timor Orientale pour la nouvelle. En ce qui me concerne, ébahit devant la splendeur de la futilité de mon existence, je m’approchai de la rive et me laissa, moi aussi, dériver parmi les déchets médicinaux.

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