Je pose mon képi sur le bureau, saluant un officier je m’assieds. Mes bottes sont bien cirées et j’en suis fier. Une pile de documents et de graphiques tout aussi inutiles que des frelons dans un canot de survie au milieu de l’Atlantique, meublent mon bureau. J’aimerais bien quitté cet endroit horrible, mais dehors c’est encore pire à ce que l’on en dit. Ce lieu, que certains appèlent l’extérieur, est décrit comme un endroit hostile à toute vie bipède, vie dont je suis hélas membre depuis la naissance. Saisissant un doc
ument au hasard dans ce foutoir, j’essaie de ne pas trop me faire remarquer en simulant une quelconque activité productive. Midi approche et mon forfait est pratiquement à point. Si seulement m’étais disponible quelques minutes encore. Bon, un peu de concentration, de toute façon aucun retour en arrière n’est possible à présent. Épongeant nerveusement mon front, je fixe la grande horloge du hall. Trois, deux, un, midi. Synchronisant mon mouvement avec celui des coups de l’horloge, je tape avec le bout de mon crayon sur une petite cymbale. Douze coups, parfaite exécution, tout le monde n’y a vu que du feu. Fort de cet exploit, je sens que plus rien ne peut m’arrêter. M’ayant synchronisé au temps, je ne suis donc plus sous son emprise. Je bondis de ma chaise et me mis à courir dans le couloir en criant. Prenant de la vitesse je sentis que le moment était venu d’affronter l’extérieur. Je sautai fracassant la fenêtre sans savoir que mon bureau était au quinzième étage. Ce n’est pas la hauteur qui m’a tué, la fenêtre fracassée surplombait l’escalier de secours et non l’extérieur. Je suis tombé d’environ deux mètres me foulant ainsi une cheville qui développa ultérieurement une gangrène pustuleuse généralisée. Ma femme me laissa, tua mon chien et brûla mon appartement. C’est à ce moment que fut élaboré mon deuxième plan afin affronter l’extérieur. Le lendemain je me rendis au sas, l’ouvrit, marcha quelques mètres et mourus. Ce n’était pas une légende, l’extérieur n’est effectivement pas viable pour les bipèdes.
mardi 3 juin 2008
L'extérieur.
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1 complainte(s):
Moi j'ai peur de regarder en l'air.
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